dimanche 26 février 2006

Forever old





Les vieux Motorhead, c’est ma madeleine de Proust. L’intro d’Overkill avec double grosse caisse, à chaque fois que je la mettais sur la platine dans ma chambre à l’étage, ma mère courait à la buanderie du sous-sol parce qu’elle croyait que c’était la machine à laver qui partait en vrille. Salauds de gosses. J’étais trop petit bourgeois et anxieux du regard de mes parents pour foirer mes études, mais ce boucan d’enfer qui donnait l’impression de mettre deux doigts dans la prise du début à la fin du vynile me procurait de délicieux frissons de délinquance sonore. Je ne comprenais rien aux paroles (de toute façon les amplis étaient gradués jusqu’à 11 et on comprend aux éructations de Lemmy Kilminster, transfuge du psychédélique Hawkwind, qu’il s’agit d’un message à caractère informatif sur l’urgence de vivre et de faire tout ce qu’une enveloppe humaine peut supporter, quel qu’en soit le risque) mais la brutalité du son me ravissait sur le plan énergétique. Je percevais une certaine intégrité dans ce jusqu’au-boutisme sans fioritures alors que mes condisciples lycéens s’égaraient avec AC/DC dans une frénésie de poseurs à voix suraigües dont l’adolescent pubère constituait manifestement le coeur de cible.

December’s child, the only one,
What I do is what I’ve done,
I realize, I get so cold,
When I was young I was already old,
My life, my heart, black night, dark star, Capricorn.

Vraiment la bande-son idéale pour faire son repassage le dimanche.
La simplicité du riff de Bomber confine à la rouerie, mais laissez-le vous occuper le cerveau pendant les 3 minutes 40 de la durée réelle du morceau : l’expérience sera moins ennuyeuse que de répéter 2000 fois le mot "cuiller", dose suffisante pour qu’il ait perdu pas mal de sa cuillerité sans acquérir de qualité intrinsèque autre, mais il vous en restera assez pour pénétrer dans le monde merveilleux des mantras, et vous risquez fort de vous surprendre à fredonner ledit riff au cours de la journée.
Je n’ai jamais prété foi au folklore sataniste qui entourait certains groupes de hard-rock, et ne comprenais pas le sérieux des enragés de la chose (je n’étais néanmoins pas assez inconscient pour en rire ouvertement et risquer un cassage de gueule discount) : jeans raides de crasse, mauvaise bière et filles masculinisées. Ils en avaient autant à mon service : j’avais l’air d’un étudiant flippé qui cherchait à s’encanailler à bon compte. La séduction qu’exerçait sur moi cette transgression méthodique des règles du bon goût, cet appel à la fureur et à la destruction préfigurait sans doute l’appel des sirènes du porno : le hard, comme le porno, procède par identification, et vous vous attribuez un peu vite les qualités - invulnérabilité du chef viking en colère (et si possible incarné par Michael Chiklis) pour l’un, puissance virile pour l’autre - de ce que vous consommez. Mais pour s’y croire vraiment, rien de tel que de reproduire un comportement, et je jouais aussi mal, aussi fort et aussi seul de mon Ibanez imitation Les Paul et de mon Novanex 100 watts que de ma bistouquette 15 ans plus tard, ce qui semble indiquer la supériorité de la masturbation sur le hard-rock pour assurer la paix sociale dans les quartiers sensibles, Chirac l’a bien compris quand il parlait de réduire la fracture numérique dans le pays.

Commentaires

  1. J’aime bien les mélodies du hard, le problème c’est que le son est super délétère au niveau du corps énergétique. Tiens je vais faire un post…

  2. ah la la…y’en a pas un qui m’aurait dit que mon lien ne marchait pas et que pendant 2 jours on a vu mon nom pas secret du tout à la place du mp3 de la mort… ni que mon ton professoral de rock-critic frustré masquait mal mon narcissisme compassé qui, ne pouvant plus se nourrir de porno, est obligé de se rabattre sur les valeurs sûres…

jeudi 23 février 2006

Le Pape ne s’en branle pas.



« L’éros rabaissé au sexe devient une marchandise »
Dans sa première encyclique « Dieu est amour », publiée mercredi 25 janvier à Rome, le pape Benoît XVI met en garde l’homme contre les dérives de l’amour humain et appelle les gouvernants à faire de la justice la priorité de leur action politique.
Extraits :
(…) Le terme « amour » est devenu aujourd’hui un des mots les plus utilisés et aussi un des plus galvaudés, un mot auquel nous donnons des acceptions totalement différentes (…). L’amour entre homme et femme, dans lequel le corps et l’âme concourent inséparablement et dans lequel s’épanouit pour l’être humain une promesse de bonheur qui semble irrésistible, apparaît comme l’archétype de l’amour par excellence, devant lequel s’estompent, à première vue, toutes les autres formes d’amour. Surgit alors une question : toutes ces formes d’amour s’unifient-elles finalement et, malgré toute la diversité de ses manifestations, l’amour est-il en fin de compte unique, ou bien, au contraire, utilisons-nous simplement un même mot pour indiquer des réalités complètement différentes ?
A l’amour entre homme et femme, qui ne naît pas de la pensée ou de la volonté, mais qui, pour ainsi dire, s’impose à l’être humain, la Grèce antique avait donné le nom d’ éros. Disons déjà par avance que l’Ancien Testament grec utilise deux fois seulement le mot éros, tandis que le Nouveau Testament ne l’utilise jamais : des trois mots grecs relatifs à l’amour - éros, philia (amour d’amitié) et agapè - les écrits néotestamentaires privilégient le dernier, qui, dans la langue grecque, était plutôt marginal. La mise de côté du mot éros ainsi que la nouvelle vision de l’amour qui s’exprime à travers le mot agapè dénotent sans aucun doute quelque chose d’essentiel dans la nouveauté du christianisme concernant précisément la compréhension de l’amour.
Dans la critique du christianisme, qui s’est développée avec une radicalité grandissante à partir de la philosophie des Lumières, cette nouveauté a été considérée d’une manière absolument négative. Selon Friedrich Nietzsche, le christianisme aurait donné du venin à boire à l’ éros qui, si en vérité il n’en est pas mort, en serait venu à dégénérer en vice. Le philosophe allemand exprimait de la sorte une perception très répandue : l’Eglise, avec ses commandements et ses interdits, ne nous rend-elle pas amère la plus belle chose de la vie ? N’élève-t-elle pas des panneaux d’interdiction justement là où la joie prévue pour nous par le Créateur nous offre un bonheur qui nous fait goûter par avance quelque chose du divin ?
En est-il vraiment ainsi ? Le christianisme a-t-il véritablement détruit l’ éros ? Regardons le monde préchrétien. Comme de manière analogue dans d’autres cultures, les Grecs ont vu dans l’ éros avant tout l’ivresse, le dépassement de la raison provenant d’une « folie divine » qui arrache l’homme à la finitude de son existence et qui, dans cet être bouleversé par une puissance divine, lui permet de faire l’expérience de la plus haute béatitude. Tous les autres pouvoirs entre le ciel et la terre apparaissent de ce fait d’une importance secondaire : « Omnia vincit amor », affirme Virgile dans Les Bucoliques - l’amour vainc toutes choses - et il ajoute : « Et nos cedamus amori » - et nous cédons, nous aussi, à l’amour. Dans les religions, cette attitude s’est traduite sous la forme de cultes de la fertilité, auxquels appartient la prostitution « sacrée », qui fleurissait dans beaucoup de temples. L’ éros était donc célébré comme force divine, comme communion avec le divin.
L’Ancien Testament s’est opposé avec la plus grande rigueur à cette forme de religion, qui est comme une tentation très puissante face à la foi au Dieu unique, la combattant comme perversion de la religiosité. En cela cependant, il n’a en rien refusé l’ éros comme tel, mais il a déclaré la guerre à sa déformation destructrice, puisque la fausse divinisation de l’ éros qui se produit ici le prive de sa dignité, le déshumanise. En fait, dans le temple, les prostituées, qui doivent donner l’ivresse du divin, ne sont pas traitées comme êtres humains ni comme personnes, mais elles sont seulement des instruments pour susciter la « folie divine » : en réalité, ce ne sont pas des déesses, mais des personnes humaines dont on abuse. C’est pourquoi l’ éros ivre et indiscipliné n’est pas montée, « extase » vers le divin, mais chute, dégradation de l’homme. Il devient ainsi évident que l’ éros a besoin de discipline, de purification, pour donner à l’homme non pas le plaisir d’un instant, mais un certain avant-goût du sommet de l’existence, de la béatitude vers laquelle tend tout notre être.
De ce regard rapide porté sur la conception de l’ éros dans l’histoire et dans le temps présent, deux aspects apparaissent clairement, et avant tout qu’il existe une certaine relation entre l’amour et le divin : l’amour promet l’infini, l’éternité - une réalité plus grande et totalement autre que le quotidien de notre existence. Mais il est apparu en même temps que le chemin vers un tel but ne consiste pas simplement à se laisser dominer par l’instinct. Des purifications et des maturations sont nécessaires ; elles passent aussi par la voie du renoncement. Ce n’est pas le refus de l’ éros, ce n’est pas son « empoisonnement », mais sa guérison en vue de sa vraie grandeur (…) Cela dépend avant tout de la constitution de l’être humain, à la fois corps et âme. L’homme devient vraiment lui-même, quand le corps et l’âme se trouvent dans une profonde unité ; le défi de l’ éros est vraiment surmonté lorsque cette unification est réussie. Si l’homme aspire à être seulement esprit et qu’il veut refuser la chair comme étant un héritage simplement animal, alors l’esprit et le corps perdent leur dignité. Et si, d’autre part, il renie l’esprit et considère donc la matière, le corps, comme la réalité exclusive, il perd également sa grandeur. L’épicurien Gassendi s’adressait en plaisantant à Descartes par le salut : « Ô Ame ! » Et Descartes répliquait en disant : « Ô Chair ! » Mais ce n’est pas seulement l’esprit ou le corps qui aime : c’est l’homme, la personne, qui aime comme créature unifiée, dont font partie le corps et l’âme. C’est seulement lorsque les deux se fondent véritablement en une unité que l’homme devient pleinement lui-même. C’est uniquement de cette façon que l’amour - l’ éros - peut mûrir, jusqu’à parvenir à sa vraie grandeur.
Il n’est pas rare aujourd’hui de reprocher au christianisme du passé d’avoir été l’adversaire de la corporéité ; de fait, il y a toujours eu des tendances en ce sens. Mais la façon d’exalter le corps à laquelle nous assistons aujourd’hui est trompeuse. L’ éros rabaissé simplement au « sexe » devient une marchandise, une simple « chose » que l’on peut acheter et vendre ; plus encore, l’homme devient une marchandise. En réalité, cela n’est pas vraiment le grand oui de l’homme à son corps. Au contraire, l’homme considère maintenant le corps et la sexualité comme la part seulement matérielle de lui-même, qu’il utilise et exploite de manière calculée. Une part, d’ailleurs, qu’il ne considère pas comme un espace de sa liberté, mais comme quelque chose que lui, à sa manière, tente de rendre à la fois plaisant et inoffensif. En réalité, nous nous trouvons devant une dégradation du corps humain, qui n’est plus intégré dans le tout de la liberté de notre existence, qui n’est plus l’expression vivante de la totalité de notre être, mais qui se trouve comme cantonné au domaine purement biologique. L’apparente exaltation du corps peut bien vite se transformer en haine envers la corporéité. A l’inverse, la foi chrétienne a toujours considéré l’homme comme un être un et duel, dans lequel esprit et matière s’interpénètrent l’un l’autre et font ainsi tous deux l’expérience d’une nouvelle noblesse. Oui, l’ éros veut nous élever « en extase » vers le divin, nous conduire au-delà de nous-mêmes, mais c’est précisément pourquoi est requis un chemin de montée, de renoncement, de purification et de guérison.
Comment devons-nous nous représenter concrètement ce chemin de montée et de purification ? Comment doit être vécu l’amour pour que se réalise pleinement sa promesse humaine et divine ? Nous pouvons trouver une première indication importante dans le Cantique des Cantiques, un des livres de l’Ancien Testament bien connu des mystiques. Selon l’interprétation qui prévaut aujourd’hui, les poèmes contenus dans ce livre sont à l’origine des chants d’amour, peut-être prévus pour une fête de noces juives où ils devaient exalter l’amour conjugal. Dans ce contexte, le fait que l’on trouve, dans ce livre, deux mots différents pour parler de l’« amour » est très instructif. Nous avons tout d’abord le mot dodim, un pluriel qui exprime l’amour encore incertain, dans une situation de recherche indéterminée. Ce mot est ensuite remplacé par le mot ahabà qui, dans la traduction grecque de l’Ancien Testament, est rendu par le mot de même consonance agapè, lequel, comme nous l’avons vu, devint l’expression caractéristique de la conception biblique de l’amour. En opposition à l’amour indéterminé et encore en recherche, ce terme exprime l’expérience de l’amour, qui devient alors une véritable découverte de l’autre, dépassant donc le caractère égoïste qui dominait clairement auparavant. L’amour devient maintenant soin de l’autre et pour l’autre. Il ne se cherche plus lui-même - l’immersion dans l’ivresse du bonheur - il cherche au contraire le bien de l’être aimé : il devient renoncement, il est prêt au sacrifice, il le recherche même (…).
On oppose aussi fréquemment ces deux conceptions en amour « ascendant » et amour « descendant ». Il y a d’autres classifications similaires, comme par exemple la distinction entre amour possessif et amour oblatif, à laquelle on ajoute parfois aussi l’amour qui n’aspire qu’à son profit. Dans le débat philosophique et théologique, ces distinctions ont souvent été radicalisées jusqu’à les mettre en opposition entre elles : l’amour descendant, oblatif, précisément l’ agapè, serait typiquement chrétien ; à l’inverse, la culture non chrétienne, surtout la culture grecque, serait caractérisée par l’amour ascendant, possessif et sensuel, c’est-à-dire par l’ éros. Si on voulait pousser à l’extrême cette antithèse, l’essence du christianisme serait alors coupée des relations vitales et fondamentales de l’existence humaine et constituerait un monde en soi, à considérer peut-être comme admirable, mais fortement détaché de la complexité de l’existence humaine.
En réalité, éros et agapè - amour ascendant et amour descendant - ne se laissent jamais séparer complètement l’un de l’autre. Plus ces deux formes d’amour, même dans des dimensions différentes, trouvent leur juste unité dans l’unique réalité de l’amour, plus se réalise la véritable nature de l’amour en général. Même si, initialement, l’ éros est surtout sensuel, ascendant - fascination pour la grande promesse de bonheur -, lorsqu’il s’approche ensuite de l’autre, il se posera toujours moins de questions sur lui-même, il cherchera toujours plus le bonheur de l’autre, il se préoccupera toujours plus de l’autre, il se donnera et il désirera « être pour » l’autre. C’est ainsi que le moment de l’ agapè s’insère en lui ; sinon l’ éros déchoit et perd aussi sa nature même. D’autre part, l’homme ne peut pas non plus vivre exclusivement dans l’amour oblatif, descendant. Il ne peut pas toujours seulement donner, il doit aussi recevoir. Celui qui veut donner de l’amour doit lui aussi le recevoir comme un don. L’homme peut assurément, comme nous le dit le Seigneur, devenir source d’où sortent des fleuves d’eau vive ( cf. Jn 7, 37-38). Mais pour devenir une telle source, il doit lui-même boire toujours à nouveau à la source première et originaire qui est Jésus-Christ, du coeur transpercé duquel jaillit l’amour de Dieu ( cf. Jn 19, 34). (…)

Ca fait un mois que je relis ce texte en me demandant si je vais me "payer" le Pape sur mon blog en me disant que ça me coûtera pas cher, mais quid du lecteur ? Ca pourrait même faire chuter mes statistiques de fréquentation au-dessous du seuil où l’euthanasie s’impose au bloggeur lassé de subvenir aux besoins d’une créature virtuelle qui bouffe plus qu’un tamagochi tout en n’ayant même pas l’élégance de ramener la cyber-baballe, sans parler de l’apprentissage de la propreté, souvent très long. Bloggeur qui réalise soudain qu’il peut tout aussi bien reprendre son journal intime sur vélin 280 grammes grâce auquel il jouira au moins du crissement de la plume, et ça ne lui montera pas au cigare. Et puis, le Benoît XVI, pour en dire quoi ? je ne suis pas chrétien, mes sympathies spiritualistes vont plutôt au bouddhisme, qui me parle au moins une langue que j’entends. Même que j’ai été nourri au lait du gauchisme et que c’est la souffrance qui m’a contraint à chercher quelque chose de plus nourrissant que l’ironie amère, qui n’amènerait rien d’intéressant dans ce débat fratricide de sourds mal-comprenants entre modernes à la Onfray et nouveaux chrétiens à la Drewermann qui a d’ailleurs fini par claquer la porte de l’Eglise en décembre 2005. Entre libertaires militant pour une spiritualité athée (rien que le terme, je me fais pipi dessus) et rénovateurs d’une Eglise gérontocratique dont on peine à discerner les déhiscences successives, on me dira que c’est encore un débat d’idées, et qu’il vaut mieux mettre l’accent sur des pratiques si on veut pas perdre notre vie à s’user le ciboulot et le reste sur des concepts divorcés du réel. N’empèche, il était temps que le Pape s’émeuve des dérives actuelles de la marchandisation des corps, dernier avatar du capitalisme bien parti pour dévorer ses enfants. On lui fait confiance pour se suicider à terme, mais ses enfants, c’est nous, et merdalors : le commerce de l’Eros (pour faire vite, l’esthétique porno, quoi) contraint le pape à se faire marxiste ! A moins que ça ne soit sa longue expérience conjugale qui lui permet de poser en même temps le diagnostic et le remède. Hormis le fait qu’il faut Bac + 12 en théologie et Bac + 15 en histoire comparée des religions pour savoir s’il ne nous roule pas dans le révisionnisme, son encyclique sent l’intellectualisme bien rance et bien stérile, ou alors c’est moi qui ai pété. Qui l’eut cru : il parle comme quand je vais pas bien, le Pape. (et ma mère m’a toujours prédit que je finirais moine, mais j’ai encore de la marge) De la part du PDG d’une entreprise multinationale qui frôlerait le dépôt de bilan si elle n’était à moitié nationalisée (les biens immobiliers de l’Eglise me semblent co-entretenus par l’Etat par le biais des Monuments Historiques), son discours ne peut que conforter chacun sur ses positions. Ce n’est pas là l’ouverture du coeur, c’est une guerre de tranchées & souterrains par des clercs décatis. Pourtant le contenu du message en lui-même n’est pas conne, mais y’aurait comme une manière de dire qui annihilerait la nature même du signifié.
En tout cas, je comprends bien mieux le renoncement quand il m’est expliqué comme ça.
Et encore, vous vous en tirez à bon compte : j’avais une chouette photo de nana à poil crucifiée pour illustrer ce post, et je nous la suis épargnée. Et puis je l’aurais appelée "Rédemption de l’Objet Fascinatoire IV", et je l’ai pas fait non plus.
Des Fois, Je Suis Bon.
Partez pas ! y’a un deuxième paragraphe du Pape, qui commence comme ça : "L’ordre juste de la société et de l’Etat est le devoir essentiel du politique. Un Etat qui ne serait pas dirigé selon la justice se réduirait à une grande bande de vauriens, comme l’a dit un jour saint Augustin…"
vous avez vu comment il parle de Chirac, ça déchire, non ? bon, oké, j’le garde pour plus tard.
Vous trouvez ça fumeux ? c’est vrai que j’ai re-arrété la clope aujourd’hui, enfin hier soir, après 8 jours joyeusement et consciemment fumigènes (et en plus j’ai écouté Motorhead, Seigneur, et j’étais à deux doigts de ressortir ma gratte du garage quand l’indigence des tablatures que j’ai trouvées sur le Net m’a fait frémir puis renoncer) suite à la Sainte Pétoche d’avoir Etendu mon Sevrage au-delà des Confins du Probable Record Précédent. L’important, c’est que je vis maintenant des moments intéressants loin de mon ordinateur qui m’encouragent à persévérer dans l’effort, et quoi qu’en dise plus tard ma chérie quand elle abrègera mes souffrances dans un moment de compassion & dans un futur que j’espère lointain (cf dessin) je suis rarement au lit après 23 heures, ce qui est un très net progrès sur le moyen terme. Certes, l’auto-satisfaction ne diffère guère en nature de l’auto-flagellation, mais moi ça me change quand même la vie.

Faux éveils chez Jodo (ce n’est qu’un rêve)



Je suis invité à dormir chez Jodorowski. La chambre est une grande pièce de style rustique sans fenètres, en sous-sol. Des murs chaulés émergent quelques pierres apparentes, dont les reliefs ont été exploités par l’artiste pour suggérer des animaux stylisés à la manière des hommes des cavernes et dont les contours peints "s’appuient" graphiquement sur ces pierres.
Je me couche. Dans la nuit quelque chose m’éveille : une forme ectoplasmique est en train d’émerger au milieu de la chambre. Je n’ose trop la regarder, car j’ai bien peur qu’elle émane de moi. C’est un chasseur du néolithique, vétu de peaux de bêtes, mais il est empreint de quelque chose de maléfique. Maintenant il est totalement formé, et il s’élance d’un bond vers le mur. Au cours de son saut, il se transforme en personnage dessiné en 2D : quand il l’atteint il n’est plus qu’une photo grossièrement découpée qui se colle contre la paroi et dont le téléviseur dans l’angle de la pièce retransmet l’image. Etant devenu graphisme, il peut se lancer à la poursuite du gibier peint qu’il convoitait depuis le début de sa coagulation et qui l’a de quelque manière suscitée : il commence à abattre girafes, sangliers et cerfs qui après être passés au moment de leur agonie par un stade BD, puis réaliste, disparaissent alors du mur. Ceux-ci sont progressivement rendus à leur virginité, et je sens que je vais me faire engueuler par Jodo pour lui avoir effacé sa tapisserie.
Faux éveil 1 : ouf, les animaux sont encore en place, ce n’était qu’un rève.
Faux éveil 2 : les murs sont blancs, j’explique à Jodo comment c’est arrivé en occultant le fait que je suis mystérieuseument la cause du phénomène dont j’endosse la culpabilité sans m’en expliquer la causalité.
Faux éveil 3 : les murs sont maintenant recouverts de bulgom bleu à motifs floraux, cette matière dont on fait les sous-nappes. Le lit a disparu, une table et plusieurs chaises encombrent la pièce et semblent indiquer qu’il s’agit d’une salle à manger. J’explique à Jodo qu’ "Ils" ont modifié le décor et effacé notre mémoire de l’ancienne configuration des lieux pour oblitérer l’évènement dont j’ai été le témoin.
Liste des ingrédients ayant servi à la réalisation de ce songe :
-la veille au soir :
-"Bob l’éponge, le film" : la transformation des animaux est repompée sur la séquence des animaux taxidermisés (prises de vues réelles) qui reviennent à la vie "en dessin animé" quand ils sont réhumidifiés vers la fin du film.
-un documentaire sur les premiers Amérindiens qui seraient venus d’europe il y a 15000 ans.
-15 km de jogging au crépuscule.
dans la semaine précédente :
-alimentation légère, couchage avant minuit, arrèt total du tabac.
-feuilletage du dernier Jodo/Manara au Leclerc Culturel de Basse Goulaine.
les 40 dernières années :
-la peur du Mal (et qu’en plus ça soit de Ma Faute.)


Commentaires

Très drôle cette série de faux-éveils ! J’aime beaucoup ce passage :
>> J’explique à Jodo qu’ “Ils” ont modifié le décor et effacé notre mémoire de l’ancienne configuration des lieux pour oblitérer l’évènement dont j’ai été le témoin.
En plus, il y aussi des vrais bouts de Philip K. Dick dedans, non?

dimanche 19 février 2006

Rédemption de l’objet fascinatoire III : le doigt indique la lune et se la met dans l’oeil.




Article paru dans une de ces cyber-revues branchouilles pour d’jeunzs (un d’jeunzs, c’est quelqu’un qui a 10 ans de moins que moi) exerçant des métiers "à forte valeur narcissique" : teknik’art, chronik’art, les inrocks…
« *** ** », le dernier film de J* T*, sorti il y a quelques mois chez la prestigieuse maison C**, nous a beaucoup ému. Il y avait bien longtemps- à vue de nez, samedi dernier- qu’un porno ne nous avait pas autant enthousiasmé. Par sa mise en scène naturaliste, sa très érotique approche de la pornographie, son casting parfait et surtout sa dimension philosophique à peine voilée, « ** ** » est ce que l’on appelle « un classique instantané ». Dans ce film, nous suivons les aventures de Modeste Pompello, photographe de charme de renom, en pleine crise de désir. Pourtant entouré de trois superbes jeunes filles (Axelle, Jennifer, et Sophie) réunies dans une villa Tropézienne pour une séance de shooting, Modeste n’arrive plus à redresser la situation. Vous devez vous demander pourquoi nous nous sommes tant réjouis à la vision d’un film de cul où l’acteur bande mou.¨Peut-être, pensez-vous, qu’il doit se cacher là dessous un sentiment de l’ordre de l’identification. Et bien, non. Au delà des scènes qui répondent au cahier des charges (décharge ?) habituel d’un film X, « Propriété Privé » est un authentique traité visuel qui a pour thème central l’inexorable baisse de désir du mâle occidental, le premier porno à avoir mis en images les théories du penseur Bernard Stiegler. Dans son dernier ouvrage « Construire l’Europe », Stiegler élabore la théorie selon laquelle l’individu postmoderne, croulant sous une consommation de produits méthodiquement massifiés par les industries, subit une ruine du narcissisme qui atrophie son désir chaque jour un peu plus jusqu’à la débandade. Plus simplement, Stiegler nous dit qu’en ayant accès à tous, tout le temps, et de manière infinie, nous avons perdu le goût de la sublimation, de l’extraordinaire, du merveilleux, bref nous sommes blasés et plus rien ne nous fait vraiment bander.
Cette situation de misère symbolique décrite par Bernard Stiegler, nous la retrouvons de manière particulièrement criante chez Modeste Pompello, notre photographe à l’intimité ramollie. Au bout du rouleau, rongé par la culpabilité suite à la mort de sa femme et de sa fille, Modeste finit par tomber dans un nihilisme total. Allongé sur son lit, vêtu de son peignoir de bain, il n’est que mollesse, à l’image de ce bout de chair qui pendouille, sans but, entre ses cuisses. Il ne croit plus en rien, ni en son travail, ni au pouvoir totémique de sa queue. A l’image de l’homme « Stiglerien » Modeste subit l’effet implacable de la « baisse tendanciel de son taux de désir ». « Arrête ! Ca ne sert à rien ! Je suis foutu ! Ca fait un an que je ne bande plus » lâche t’il impudiquement à Axelle tandis qu’elle lui suçote le sexe d’un air enfantin. Pourtant, Modeste n’a pas toujours été ce bout de viande flasque. Il incarnait même, à une époque, l’archétype du mâle occidental. Riche, beau gosse, exerçant un métier à forte valeur narcissique et baisant de nombreuses femmes, plus belles les unes que les autres. Aujourd’hui, Modeste est en pleine dépression. Pourtant, Modeste pourrait baiser, les femmes ont envie de lui, mais notre héros a perdu le goût de la sublimation. C’est donc petit à petit, de façon presque artisanale, qu’il va retrouver sa libido. Toujours selon Stiegler, dans notre système libéral qualifié par lui même « d’anti-libidinal », « n’est désirable que ce qui est singulier et à cet égard exceptionnel ». C’est donc en acceptant de se remettre au travail sous les conseils d’Axelle que Modeste va progressivement « reconstituer son désir d’élévation » car « le travail représente de la libido captée et canalisée ». A travers le prisme de son appareil photo, Modeste redonne un caractère exceptionnel à ce qui lui semblait banal, à savoir le corps des femmes. Bien sûr, ce rétablissement passe également par quelques coups de hanches dans le petit trou de Nikki, craquante hongroise au corps d’adolescente, mais là n’est pas le plus important. Car en mixant subtilement une pornographie artificiellement sublimée (toutes les femmes sont consentantes et bisexuelles) et un réalisme cru (le héros ne bande pas) Jack Tyler a réussi à opérer un télescopage entre vie et fiction, entre nos défaillances quotidiennes et les exploits turgescents qui se déploient à l’écran. Bref, il nous livre ici un vrai film d’auteur, au sens stricte du terme, où l’ont devine une grande part d’autofiction.
"Propriété Privé" n’est pas qu’un film sur la perte du désir, c’est aussi une oeuvre sur les antagonismes, les opposés. Chaque personnage ne trouve de cohérence qu’à travers son contraire. Phil, par exemple, un escroc minable que les demoiselles rencontreront lors d’une virée en ville et qui tentera piteusement de chaparder leurs clefs de voiture, n’existe que parce qu’il est l’exact contraire de Modeste. Simple, complètement dénué de vie intérieure, il profite du corps des femmes comme un adolescent qui n’en revient toujours pas d’être là. Phil caresse des fesses, lèche des chattes, introduit son sexe dans des bouches et surtout ne réfléchit pas excessivement, ne se perd pas dans une cérébralité qui mine l’action. « Il est bon ton cul » semble d’ailleurs être sa phrase favorite. Son enthousiasme communicatif fait plaisir à voir. Phil n’est évidement pas le personnage le plus humainement intéressant du film mais sa présence est indispensable tant il symbolise l’antithèse de Modeste. D’ailleurs, coïncidence ou non, ces deux là ne se rencontrerons jamais. Quand Phil part, Modeste débarque enfin, et là se trouve le creux du film. Pour garder un soupçon de dramaturgie, nous ne vous dévoilerons pas la fin de « ** ** », qui fait également penser à une sorte de Fight Club de sexe, de peinture en mouvement d’une étrange forme de schizophrénie. Il vaudrait mieux poser la question au réalisateur, J* T*. Ce gars là est un personnage intriguant, une sorte d’Ovni dans le milieu du X. Avec très peu de moyens techniques et sans faire dans l’amateurisme, il vient ici de nous prouver qu’un porno de qualité peut encore exister pour peu qu’on veuille bien s’en donner la peine. J* fait la nique à tous ces pseudos réalisateurs médiocres qui n’hésitent pas à se vautrer dans le glauque en utilisant à outrance des scénarios flirtant avec le viol. Le sexe est ici bourgeois, décadent, mais autrement plus excitant. La caméra de J* tournoie, virevolte autour des corps, se fait parfois immobile pour mieux s’attarder sur un regard, ou un anus, puis repart dans un manège où se mélangent douleur et jouissance. La scène introductive, qui se déroule dans une forêt, est à ce titre d’une beauté sidérante. Tournée comme un long plan séquence en lumière naturelle, il se dégage de l’image une esthétique quasi documentaire qui évoque un de ces films du Dogme. Il y a de l’amour dans cette scène anonyme mais aussi une sauvagerie et une spontanéité qui s’éloigne de l’imagerie mécanique de la pornographie pour, paradoxalement, en devenir encore plus sexuelle. A signaler également les bonus : devant la caméra, les acteurs se livrent à des confessions assez touchantes sur leurs vies, leur métier, leurs doutes. On découvre alors des jeunes gens lucides, humbles, souvent drôles, très loin donc de l’image de nymphomane idiote ou de bite sur patte. Si J* T* est un bon philospohe caméra à l’épaule, il n’est pas mauvais non plus lorsqu’il s’agit de jouer les Mireille Dumas. Ce gars là a de la ressource.

Vincent C** le ** ** 2005

Je cite l’article presque en intégral pour qu’on voie bien le procédé à l’oeuvre : je suis tombé dessus en cliquant au bord du cybermonde, près des piliers d’Hercule, et il m’a donné à réfléchir. Je fus un fervent des Inrocks quand les d’jeuns n’étaient pas si vieux que maintenant. L’hydre du lobby pornocratique se présente ici sous sa forme maligne : style plaisant, références culturelles de connivence à large spectre, instrumentalisation de penseurs probables à consonnance slave grâce à un logiciel de génération aléatoire de gloires obscures de la philosophie, ici Stiegler, mais on pourrait citer Baudrillard, Houellebecq, Lipovetski, Virilio… le coeur de cible n’en serait pas plus rassuré intellectuellement d’acquérir un film qui semble aussi chiant que de l’Antonioni mais avec du cul en plus, "bourgeois, décadent, mais autrement plus excitant que les scénarios flirtant avec le viol" nous dit Vincent C** qui a sans doute reçu une bonne éducation, écrit de manière agréable et vend bien sa salade : il agite assez d’idées sous son crâne pour nous faire croire que le porno de la semaine relève bien du must de l’élargissement culturel des jeunes gens modernes tout en glissant assez de jokes dans son article pour qu’on comprenne que c’est quand même pour rire. (Peut-on devenir intelligent en s’astiquant la nouille ? Réponses vibrantes de Vincent C**, disait la réclame)
Il fut un temps où l’art "bourgeois, décadent, et pornographique" était décrié par tous les marxistes d’avant la marchandisation du monde, et pas que sous des régimes collectivistes. Aujourd’hui il ne reste guère plus que les ayatollahs et les pornodépendants pour résister aux sirènes de la volupté.
Snif.

Commentaires

  1. Quand on lit ça en effet, on se pose des questions sur l’intérêt de la critique cinématographique et littéraire. Le type aurait pu faire le même article à partir du nouveau paquet de nouilles Panzani.

  2. l’article utilise les codes de la critique artistique en général, mais vu la nature de la chose critiquée, on voit l’os dans le pâté, je veux dire le squelette dans le placard. Par ailleurs je note que j’ai utilisé le mot “sirènes” appliqué aux films de cul à 8 jours d’intervalle, il faut que je lance la grande question : les sirènes ont-elles des os ou des arètes ???

  3. eh les gars, vous l’avez vu le dit film ?

  4. non, pourquoi, on a raté quelque chose ?

samedi 18 février 2006

Acédie aux Assedic





« Selon Cassien, Evagre et Saint Nil, il n’est démon plus redoutable que celui de l’acédie. Le moine qui y succombe en sera la proie jusqu’à la fin de ses jours. Collé à la fenêtre, il regardera au–dehors, attendra des visites, n’importe lesquelles, pour palabrer, pour s’oublier. Se dépouiller de tout et découvrir ensuite que l’on s’était trompé de chemin, se morfondre dans la solitude et ne pouvoir la quitter ! Pour un ermite qui a réussi il y en a mille qui ont échoué. Ces vaincus, ces déchus pénétrés de l’inefficacité de leurs prières, on espérait les redresser par le chant, on leur imposait l’exultation, la discipline de la joie. Victimes du démon, comment auraient-ils élevé leur voix, et vers qui ? Aussi éloignés de la grâce que du siècle, ils passaient des heures à comparer leur stérilité à celle du désert, à l’image matérielle de leur vide. Collé à ma fenêtre, à quoi comparerais-je ma stérilité sinon à celle de la Cité ? Cependant l’autre désert, le vrai, me hante. Que ne puis-je m’y rendre, et y oublier l’odeur de l’homme ! En voisin de Dieu, je humerais sa désolation et son éternité dont je rêve aux instants où s’éveille en moi le souvenir d’une lointaine cellule. Dans une vie antérieure, quel couvent ai–je abandonné, trahi ? Mes prières inachevées, délaissées alors, me poursuivent maintenant, tandis que dans mon cerveau je ne sais quel ciel se fait et se défait. » 
Cioran, "La tentation d’exister."
C’est bizarre, je n’ai jamais réussi à le prendre au sérieux, çui-là, avec son obstination de creuser l’éternel sillon de la Mélancolie Über Alles. Cioran, fils de prêtre orthodoxe et lecteur assidu des Pères de l’Église. Il a déployé toute son énergie à chier dans les bottes paternelles jusqu’au-delà du ridicule et de l’acharnement thérapeutique : la préciosité de ses écrits les plus cruels, l’affectation de son cynisme aux effets calculés fait suspecter le blagueur pisse-froid plutôt que le nihiliste ombrageux, et sa longévité hors du commun pointe vers l’épicurien sournois plutôt que de signer la vengeance d’un démiurge qui lui aurait infligé d’atteindre un âge canonique avant de le rappeler en son sein, démiurge dont je n’ai jamais bien su si Cioran prétendait l’exécrer pour la médiocrité de sa production (l’humain, créature non viable éternellement pitoyable etc…) ou à qui il reprochait son Inexistence, variante du chantage affectif au Père dans l’espoir qu’il envoie un signe.
Rêves récurrents d’anciens collaborateurs, producteurs, réalisateurs m’attelant à des tâches peut-être subalternes mais réelles, songes à répétition ayant pour cause mon sous-emploi chronique et de plus en plus pesant, ma dépendance envers des employeurs ayant des besoins de plus en plus intermittents. Délivrez-moi de ma liberté si elle n’est que macération vacuitaire et fuite du réel, refaites-moi monter du documentaire à 60 heures par semaine… J’en viens à souhaiter être utile à la société. Non que j’aie jamais eu le profil d’un sociopathe : La peur du ridicule m’a toujours empêché de me prendre pour un rebelle, mes guitares et mes jeans étaient sponsorisés par mes parents et j’avais une mauvaise conscience aigüe de mes blocages petits-bourgeois qui se révéla insoluble dans l’alcool, je veux dire qu’elle a survécu à la noyade, et qu’en fais-je, huh ? Marginalisé sur le plan professionnel, le constat d’insupportable précarité (à 1500 € d’assedic on peut geindre avec une certaine retenue, quand même) m’oblige à poser des actes : peu de débouchés régionaux, donc soit je change de métier soit je bouge mes bottes, et c’est pas sur mon blog que je vais trouver du taf, bien qu’il y en ait toujours, j’ai peur de m’enfoncer dans la grognonnite et ça serait bien dommage avec tous les sevrages que je me suis collé au cul (ne me manque que le patch anti-merde, vous devez être en train de le lire.) Si j’étais intégré dans cette grande entreprise audiovisuelle dont je convoite les faveurs, le chuintement de mon angoisse cesserait : au bout de quelques semaines, il laisserait place au dépit, la morne lassitude que je lis dans les yeux de mes camarades titularisés - pour l’instant je ne suis qu’un vacataire tantôt rigolard (au travail) dépressif (à la maison comme un con devant mon ordi, chez ma psy pour déplorer mes addictions) ou colérique (quand il s’agit d’engueuler ma femme pour faire reculer l’acédie). Il y a eu une époque où CDD et CDI se toisaient comme le loup et le chien de la Fable, mais c’était du temps où l’offre de travail était égale à la demande.
Peut-être un peu jaloux de Cioran, qui a quand même écrit quelques pages bien méchantes et bien rêches, et dont les "syllogismes de l’amertume" réjouissent les amateurs d’aphorismes faciles : « J’ai connu toutes les formes de déchéance, y compris le succès. » On se trouve le plus souvent face à un Woody Allen dépouillé de son autodérision consensuelle.
Merci à Flo de m’avoir aiguillé sur le tuyau : L’acédie, comme les Sopranos, rend nihiliste.
Je suis incapable de savoir si j’en suis atteint, mais le mot me fascine, comme l’amie du post précédent était sincèrement ravie d’apprendre qu’elle souffrait de narcissisme égocentrique.
Dado s’étonnait de l’uniformité des blogs à tendance récriminatoire. Je crois que les gens qui feraient des blogs sympas et aérés ont bien mieux à foutre, mais c’est peut-être une idéalisation excessive de ma part.
Si Dieu se cherche à travers nous, Il n'est pas Rendu.

jeudi 16 février 2006

Souffrir dans la Joie



On désigne sous le terme de "littérature AA" l’ensemble des livres, revues et brochures qui circulent dans le mouvement et transmettent à qui veut bien les lire l’esprit du programme de rétablissement qui nous est suggéré. Bien qu’elle n’ait rien de littéraire à proprement parler et semble souvent traduite de l’amerloque par des serbo-croates, qu’elle charrie son lot d’opinions indémontrables, contradictoires et vieillottes, de foi pléonastiquement aveugle et d’optimisme béat, sans oublier sa lourde dette au protestantisme, la littérature AA, du fait même de l’agacement qu’elle suscite chez le nombrillidé rationaliste et sevré ou en sevrage d’alcool, lui permet d’éprouver les limites de son ouverture d’esprit et de sa soif de changement; de plus, elle fournit une mitraille quasi-inépuisable de thèmes de réunion au modérateur déserté par l’inspiration.
"Attentes ou Exigences ?
Les attentes constituent un sujet fréquemment discuté dans les réunions. Il est normal de s’attendre à progresser, à recevoir de bonnes choses de la vie, à être bien traité par les autres. Par contre, ces attentes tournent mal quand elles deviennent des exigences. Il se peut que je ne sois pas à la hauteur de ce que je souhaite être, que les évènements prennent une tournure que je n’aime pas, que les autres me laissent tomber. Dans ces moments-là, que puis-je faire ? Pleurer de rage ou m’apitoyer sur mon sort ? Me venger et envenimer la situation ? Ou m’en remettre à la puissance de Dieu tel que je le conçois et le prier de combler de sa grâce le pétrin dans lequel je me retrouve ? Lui demander de m’indiquer ce que je dois apprendre ? Est-ce que je continue de bien faire ce que j’ai appris à faire, peu importe les circonstances ? Est-ce que je prends le temps de partager avec d’autres ma foi et les bienfaits que j’en retire ?"
in "Réflexions de quelques membres à l’intention de tous."

Le soir où j’ai fait cette lecture en préambule à la réunion, les quarante visages qui me faisaient face ont tous apporté qui leur pierre, qui leur gravillon, qui leur plume, qui leurs boules, qui leurs coeurs, qui leurs trouilles, qui leurs pleurs, à cette communion de 90 minutes au cours de laquelle les récits de vies se succèdent, se répondent et s’entrechoquent.
"La tendance à exiger des autres ce qu’on n’arrive pas à obtenir de soi-même n’est pas propre aux alcooliques…mais c’est vrai que nous, dans ce domaine on a quand même bien chargé la mule.
-Maintenant que je suis rétabli, j’essaye d’apprendre à attendre sans exiger, mais c’est dur…
-Si je lâche la peur, je ne peux entrer que dans l’amour…
-Ben moi je n’attends plus rien, et ça va beaucoup mieux…
-Ce serait manquer d’honnèteté que de prétendre que je n’attends pas de récompense à mes efforts, même si l’exigence serait une crispation et une promesse de déception : les attentes que je nourris sont peu nourrissantes…
-Moi quand je suis arrivé ici j’exigeais d’être sauvé de moi-même, en fait ça n’a pas vraiment marché comme ça.
-Quand mon attente est déçue, je dois faire l’inventaire : sur quoi était-elle fondée ? la dépression est fille de la déconvenue, mais mes exigences n’étaient-elles pas déraisonnables ?"

Dans l’assemblée, il y a des chevaliers à la triste figure, mais aussi des naïfs, des rancis, des recuits rouge brique qui savent qu’ils vont crever s’ils n’entendent pas ce soir la parole qui les convaincra de renoncer au feu liquide, de vieilles pommes ridées au fond des orbites desquelles brûle une espièglerie retrouvée, des sages d’occasion, des fous devenus étrangers à eux-mêmes, des rechuteurs qui n’y croient plus mais qui reviennent quand même, bref "tout ce que la ville produit de sportif et de sain" chantait Lavilliers en parlant d’autre chose. Le produit est partout, ils apprennent que leur salut réside dans le fait de s’enfermer à l’extérieur. Ma voisine en sort une qui m’éclate : "je suis nulle, cette semaine j’ai encore pas réussi à maîtriser le lâcher prise…" elle ne peut aligner deux phrases sans y glisser ses mots-fétiches : culpabilité, honte, orgueil, colère, minable…comme des tics de langage qu’elle psalmodierait pour épuiser la veine. Elle souffre, c’est évident, mais comment lui faire entendre que c’est inutilement ? Il y avait un swâmi qui disait ça, "pourquoi souffrez-vous inutilement ?" Elle parle pour s’entendre parler, pour reprendre pied dans l’existence. Acharnée de l’auto-flagellation, il faudra qu’elle brûle toute son essence dans ce domaine. Après la réunion, je la prends à part, pour ne pas risquer de la blesser devant les autres, avec sa sensibilité de serpillère mal rincée (j’ai la même, mais c’est tellement facile de voir chez elle les traits saillants et à peine caricaturés de mon propre théatre intérieur, et puis elle dit n’avoir pas d’humour mais j’arrive toujours à la faire rigoler de ses malheurs, ça dure ce que ça dure mais pendant ce temps elle est pas à remâcher son ressassement) elle a peine à croire qu’elle ait pu dire ça, "maîtriser le lâcher prise" ça lui paraît énorme. Dans la semaine on s’appelle plusieurs fois, elle se retartine de culpa, je lui explique que ça ne marche pas comme ça, et que c’est juste une habitude à déconstruire, qu’elle veut briller dans le noir puisqu’elle est fâchée avec la lumière, mais qu’il s’agit toujours de se distinguer des autres, et que c’est un rêve d’une grande banane alitée. Avec elle, je n’ai ni attentes ni exigences, et j’ai l’impression de servir à quelque chose, ça me fait des vacances.

samedi 11 février 2006

La vérité toute crue (alors faut bien mâcher)


Je ne suis pas réductible à la somme de mes manques.

Commentaires

  1. Bonjour john, je suis desolée de te deranger, ms je cherche de l’aide, peut etre pourras tu me donner quelques conseils… Je suis avec mon copain depuis bientot 2ans. j’ai decouvert vers le debut de notre relation qu’il regardait des films X et comme cela me mettait mal a l’aise je lui ai demandé de bien vouloir arreter. Apres discussions, il m’a fait la promesse de tout stopper. Or qq mois plus tard j’ai vu qu’il avait trahi ma confiance. je lui en ai parlé et ai decidé de lui laisser une nouvelle chance. Ms il y a qq jours il m’a avoué qu’il avait recommencé. Des amis m’ont parlé de dependance pornographique, j’ai fait des recheches et je suis tombée sur le site de orroz puis un lien vers ton blog. j’ai discuté de dependance a mon copain ms il n’a pas l’air de le prendre tres au serieux. comment faire pour lui faire accepter son probleme afin qu’il decide lui meme de se soigner? et moi, quel comportement dois je adopter pour le soutenir et faire en sorte qu’il guerisse et ne rechute pas?
    Je t’en prie, donne moi qq conseils pour que je puisse sortir mon couple de cette situation…
    Je te remercie d’avance et te souhaite bon courage pour la suite.
    Cristelle

  2. le problème c’est que tant qu’il se considèrera comme usager récréatif, il ne verra pas en quoi le fait de se tirer sur la nouille devant des cybercréatures devrait être néfaste, en quoi ce serait une maladie ou un problème nécessitant un soin ou un effort particulier de sa part. Et s’il est réellement dépendant, ça le terrifie sans doute assez pour qu’il soit dans le déni - vis-à-vis de toi mais d’abord de lui : “même pas accro, même pas mal, et d’ailleurs tous les mecs font ça” (c’est faux mais ça rassure.)
    tu trouveras une mine de conseils pour les dépendants et leurs conjoints sur le forum d’orroz, qui a été “gelé en l’état” en janvier mais bourré de pépites en consultation libre : http://orroz.forumactif.com/
    bon courage.

jeudi 9 février 2006

Rédemption de l’objet fascinatoire II


Ce matin au volant de ma voiture j’ai croisé la trajectoire de la publicité Calvin Klein, et j’ai immédiatement saisi pourquoi il est si difficile d’obtenir la rédemption de l’objet fascinatoire (qui consiste à voir de quelle manière on peut retrouver Dieu à travers lui.) Pourtant l’espace d’un instant je suis bien remonté de la créature au Créateur, en me disant au passage "bien joué, Dieu, c’est vraiment du beau boulot" mais ce fut très passager; l’instant d’après j’aurais bien félicité le Père dans l’espoir de lui soutirer l’adresse de sa Fille. Bref, quelque chose de vorace et de très rapide est remonté à la surface et s’est accaparé ce qui s’annonçait comme un moment de pure perception. J’ai alors tenté de m’arracher au regard de cette beauté surréelle qui semblait maintenant m’interpeller sur la façon dont moi, pauvre mortel, je pouvais refléter la divinité, qui à coup sûr m’habite au moins autant qu’elle, pour peu que Dieu soit collectiviste. Il était temps que je me reprenne, j’ai failli emplafonner une vieille dame sans doute peu sensible à l’émanation délétère empreinte de spiritualité diffuse (renforcée à grands coups de Photoshop, mais quand même) de cette créature qui semblait vouloir m’attirer dans son vortex lolitesque pour s’y asperger ensemble de bidons d’eau de toilette. Moi qui trouve les Barbies fadasses, là j’étais touché. Pourtant, d’évidence, tout est fabriqué dans cette image (je laisse Dado/Basilus nous démontrer que grâce au filtre "placage de motif", on peut prouver que ce photomontage dissimule et recèle nonobstat un photogramme de Staline au chevet de sa vieille mère en 1942, qui sera d’ailleurs détourné plus tard par Dali) et on serait tenté de barbie-fier l’opiniâtre auditoire sur les sempiternelles ficelles (plutôt des câbles) de l’imaginaire sexuel que titillent les publicitaires pour nous attirer dans leurs filets. "Euphoria est un parfum oriental envoûtant où l’orchidée rehaussée de notes fruitées exotiques, fait écho au sillage riche et crémeux. Une promesse sensuelle qui révèle la beauté mystérieuse de la femme." A part la promesse sensuelle d’amour inconditionnel (à condition qu’on achète le parfum, quand même), qui ne nous avait pas échappé, sur ce coup-là le texte est quand même le parent pauvre de l’image. Et si ça se trouve en plus ça sent bon, ce truc.
Rien que pour récupérer l’image, je suis tombé sur un forum de malades idôlatres des publicités de parfum qui se les échangent comme des images pieuses.
Heu…certes, je suis mal placé pour leur jeter l’Abbé Pierre. Ensuite j’ai songé à mes camarades, ceux qui errent en liberté préventive du pornobezness comme ceux qui purgent leur peine en l’alourdissant encore devant la maîtresse à tête carrée : Si Dieu se manifeste à toi sous la forme de l’Image de La Femme, où puiseras-tu la force d’éviter la crucifixion de son regard ?
Et pourtant, comme le disait Flo, il est clair qu’ici plus qu’ailleurs, on absolutise les créatures (fascination), on oublie Dieu, et le résultat, c’est la colère, car la créature est vide en soi, même si, d’une certaine manière, Dieu ne réside pas en dehors d’elle. Adorer l’apparence à la place de l’absolu est une erreur, mais croire que l’absolu réside en-dehors de l’apparence est aussi une erreur.

Commentaires
  1. >> Je laisse Dado/Basilus nous démontrer que grâce au filtre “placage de motif”, on peut prouver que ce photomontage dissimule et recèle nonobstant un photogramme de Staline au chevet de sa vieille mère…

    Chouette, je vais me coller tout de suite à la résolution de ce problème! :) ))

    >> on oublie Dieu, et le résultat, c’est la colère, car la créature est vide en soi, même si, d’une certaine manière, Dieu ne réside pas en dehors d’elle.

    Je ne sais pas comment tu dégottes ces citations de Flo, mais quand je les lis sur ton blog, je ne reconnais plus le style de Flo, j’ai l’impression que c’est un photogramme de Saint Jean de la Croix au chevet de Sainte Thérèse d’Avila. Tu les retouches sous Photoshop ? O_o

  2. et bien je suis arrivé au hasard sur ton blog. je venais juste de taper “publicité euphoria créateur calvin klein”
    et oui lol je cherchais le créateur de cette pub (que je n ai toujours pas trouver lol)
    enfin bon j a lu ton article et tu ma bien aider.
    je te raconte ma vie mais bon faut que je la raconte a quelqu un… on nous a demander de faire un série de 15 croquis sur des pub et donc voila j ai troette pub qui ma bien boté et grace a toi et a un autre blog jai mon analyse presque fini… merci bcp!!!!!
    kiss

mercredi 8 février 2006

4 mois demain



Je croyais que le sevrage recelait une certaine grandeur, et me shootais à l’égo pour faire décolérer ma viande; mais me prenant pour un minable le reste du temps, je ne puis aujourd’hui que me détourner avec raison de l’idée même de grandeur ! elle m’acculerait au désastre. comme j’ai dit à ma psy, et elle n’a pas manqué de me rentrer dedans derechef, "j’ai très peu de chances de m’en sortir". C’est cette idée à priori défiante qui me permet de reconduire la vigilance.
D’ailleurs c’est pas le sevrage qui est grand, c’est la dépendance qui est affreuse.
Comme le dit Roujsend, Le monde est une merveille, le simple fait d’exister est une chose fabuleuse. Le trou entre cette intuition et mes perceptions actuelles me donne idée du chemin à parcourir. Comme le disait ce paysan inspiré :
Seigneur, ayez pitié de moi, écrasez tous les autres !
Travail en cours avec les phosphènes.
La simple idée d’écrire une ânerie de trop sur ce blog me fait chauffer le moteur. Et pourtant c’est pas l’envie qui m’en manque, entre le pape, les arabes et charlie hebdo. Comme par hasard, l’adsl et le téléphone déconnent à mort en ce moment. Qu’ils soient bénis.
Je reviendrai quand je serai calmé.


Commentaires

Quelque soit la profondeur du trou à franchir, aucun seigneur ne te prendra en pitié… Tiens moi au courant de ton travail avec les phosphènes

jeudi 2 février 2006

un peu de violence gratuite




Avant, il y avait Happy Tree Friends, et on se disait que c’est Walt Disney lui-même qui avait semé la graine de la violence et de la débilité cartoonesque, avec ses mièvres paradis animaliers, son obsession d’une nature utopiale et bien pensante, et que ceux-là poussaient juste le bouchon un peu plus loin que les années 50 ne le permettaient à Tex Avery. Et depuis que l’esprit ricanant du Harakiri 70’s avait été ébarbé-recyclé par les pubards 90’s, on s’inquiétait pour le devenir de la dérision transgressive, menacée à tout moment de s’effondrer en transgression dérisoire, et d’y perdre sa causticité et son acuité, dépossédée de ses attributs par les aigrefins de la parodie, et vidée au passage de toute validité philosophique par les professionnels de la profession : toute violence critique qui s’installe dans la durée finit par s’asseoir sur un strapontin du pouvoir. Les guignols de l’info sont aujourd’hui une institution qui n’effraie plus personne, quelle que soit encore leur virulence.
Puis vint "Ferraille Illustré", magazine de BD post-moderne dont les choix éditoriaux semblent être basés sur une volonté sans cesse réaffirmée de provoquer l’effondrement du lectorat et sa désaffection durable. Parution erratique et confidentielle, (on en est à environ un numéro par an), dessinateurs débutants et/ou maladroits visiblement promis à nul avenir dans la filière aujourd’hui très sectorisée de la narration graphique, scénaristes cultivant l’absconnerie et l’hermétisme. Les parties non illustrées du magazine s’épuisent en un obscur galimatias satirique dont on peine à distinguer l’objet, emprutant à divers courants graphiques et littéraires du début du XXème siècle : ni des situationnistes (trop jeunes) ni des branleurs (trop cultivés). Et alors ?
Récemment, ils ont créé un site internet. Le Supermarché Ferraille est une déclinaison de l’épouvante sur le mode du détournement ludique, mais sa visite engendre un malaise persistant : on ne peut plus après avoir erré dans ses rayons continuer à collecter d’un oeil indifférent les prospectus publicitaires pour les quinzaines promotionnelles dont les grandes enseignes de la distribution agro-alimentaire abreuvent nos boites aux lettres provinciales au kilo, et que nous enfournons distraitement dans la poubelle "papier" en songeant à autre chose : l’obscénité nous assaille enfin sous une forme mainstream.
De la même façon que l’intelligence et l’humilité peuvent marcher main dans la main, à condition que l’humilité soit devant, la méchanceté et la bètise peuvent bien chevaucher de concert, mais il vaut mieux que ce soit la méchanceté qui dirige.
Ils sont albigeois, hérétiques, et leur cruauté ne peut donc être imputée à l’impossible réparation du préjudice subi quotidiennement par l’exiguïté de leurs appartements parisiens.
Alors, dans quel but ? Vers quel destin ?
Cette dernière question reste souvent sans réponse, et c’est pas ce soir que je vais m’y colleter.

Commentaires

  1. C’est génial, il y en a un à Colomiers, juste à coté de chez moi ! J’y cours de suite acheter des pizzas en conserve !

    Euh… si vous entendez plus parler de Dado, c’est que j’ai fini en foie gras de chômeur. :(

  2. Un nouveau signe des temps qui me colle des frissons…